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Volet environnemental : mémoire technique en TP et VRD

Sous le mot « environnement », l’acheteur cherche des engagements vérifiables : filières nommées, traçabilité des terres, protection du milieu, moyens affectés. Ce qui se note vraiment sur un lot de TP ou de VRD, et où loger dans le prix ce que le mémoire promet.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Le mémoire technique qui gagne : le guide complet

Le volet environnemental du mémoire technique décrit ce que l’entreprise fera, sur ce chantier-là, pour limiter son effet sur le milieu et sur le voisinage. Il couvre les déchets et les déblais, les terres, les nuisances, l’eau, la biodiversité et les consommations. L’acheteur y note des engagements vérifiables, jamais des intentions.

Cette page traite cette partie du document, sur un lot de travaux publics ou de VRD. Le panorama figure dans le guide du mémoire technique, l’ossature complète dans le plan type en huit parties.

Les grandeurs qui comptent ici se prennent toujours au même endroit : le dossier, votre métré, vos pointages de chantier. Le reste arrive par la consultation, celle des fournisseurs, des transporteurs et des installations qui reçoivent vos déblais.

Ce que l’acheteur note vraiment sous le mot « environnement »

Le règlement de la consultation fixe le poids de la valeur technique, et l’environnement y figure comme sous-critère, seul ou associé aux riverains et à la sécurité. Lisez cette pondération dans l’article du règlement qui détaille les critères de jugement des offres : elle change d’une consultation à l’autre.

Le noteur ne cherche pas une politique d’entreprise. Il cherche six réponses propres à l’opération qu’il met en concurrence :

  • où partent les déblais et les déchets, dans quelle installation, sous quel suivi ;
  • ce que vous réemployez sur place, et à quelles conditions ;
  • comment vous tenez le bruit, les poussières et les boues de chaussée ;
  • quelles protections couvrent l’eau et les milieux sensibles ;
  • quelles zones et quelles périodes restent hors travaux ;
  • qui suit ces engagements sur le chantier, et avec quelle preuve.

Formulation courante

Ce qui se note à sa place

« Nous respectons la réglementation environnementale »

Les flux du chantier et leur exutoire nommé

« Nous limitons les nuisances »

Horaires, arrosage des pistes, lavage des roues, balayeuse

« Nous privilégions le réemploi »

Le volume réemployé, sa nature, l’usage prévu

« Nous sensibilisons notre personnel »

La personne responsable, la fréquence, le support

Retenez la règle : un engagement se note quand un tiers peut le vérifier pendant l’exécution.

Déchets et déblais : le SOGED porte la démonstration

Le SOGED, schéma d’organisation et de gestion des déchets, forme la pièce centrale de ce volet. Certains dossiers le nomment SOSED. Il décrit les flux, leur tri, leur stockage, leur transport et leur destination.

Aucun texte ne l’impose à lui seul : son caractère obligatoire vient du contrat. Le règlement de la consultation peut le réclamer dès l’offre, en annexe du mémoire technique. Le CCAG Travaux 2021, article 36.2.1, le place en période de préparation, ou à défaut deux mois après la notification.

Le moment commande la suite. Réclamé dès l’offre, le schéma part avec le mémoire technique. Remis après l’attribution, il relève du dossier environnemental de chantier.

Tirez ces flux de votre métré, jamais d’un ratio type. En travaux publics, les inertes dominent le tonnage sortant, si bien que leur destination décide du prix du poste. Les autres flux pèsent peu en masse et beaucoup en contraintes : emballages, bois, ferraille, déchets dangereux, terres impropres au réemploi.

Pour connaître leur part chez vous, convertissez en tonnes les volumes de démolition, de décapage et de déblai de votre métré, avec les masses volumiques du rapport géotechnique.

Un schéma qui rapporte des points annonce, flux par flux :

  • la nature et le volume attendu, tirés du métré et non d’un pourcentage type ;
  • l’installation de destination, nommée, avec sa distance au chantier ;
  • le mode de tri sur site et l’emprise que ce tri réclame ;
  • la preuve produite : bordereaux, tickets de pesée, registre tenu à jour.

Un objectif de valorisation chiffré ne vaut que soutenu par ces quatre lignes.

Terres excavées : la traçabilité se démontre, elle ne se promet pas

Une installation de destination n’accepte pas des terres sur parole. Elle demande une caractérisation préalable, puis délivre son accord d’admission. Le chantier conserve ensuite les bons de transport et les tickets de pesée.

Écrivez ce circuit dans le mémoire : qui prélève, à quel moment, quel laboratoire intervient, quel délai d’analyse précède le démarrage. Une entreprise qui annonce ce délai montre qu’elle a déjà mené l’exercice.

La distance à l’exutoire commande le prix davantage que le tarif d’admission. Faites le compte sur votre sous-détail : le temps de rotation du camion, le carburant et le chauffeur y pèsent souvent plus lourd que le ticket d’entrée de l’installation. Le détail figure dans prix du terrassement au m³.

Réemploi et valorisation : ce que l’économie circulaire veut dire sur un chantier de VRD

Les deux notions ne s’écrivent pas de la même façon. Le réemploi garde le matériau sur le site, sans passer par le statut de déchet. La valorisation, elle, sort le matériau du chantier vers une installation qui le traite.

Deux gisements relèvent du réemploi sur site :

  • les déblais réutilisés en remblai, selon leur nature et ce que le CCTP autorise ;
  • la terre végétale décapée, mise en cordon puis remise en place.

Deux autres relèvent de la valorisation hors site :

  • les fraisats d’enrobés, repris en centrale d’enrobage ;
  • les matériaux de démolition concassés, en substitution partielle de grave non traitée.

Chaque tonne réemployée sur place évite un transport, un tarif d’admission et l’achat du matériau neuf qui l’aurait remplacée. Ces montants figurent sur votre consultation transporteur et sur la grille de l’installation que vous visez : l’écart se calcule en une ligne.

Écrivez la condition avec l’intention : quel essai valide le matériau, quel usage l’accueille, quelle quantité vous engagez. Un réemploi annoncé sans condition se retourne contre l’entreprise le jour où le maître d’œuvre le refuse.

Bruit, poussières, vibrations, boues : les nuisances se chiffrent

Un riverain signale d’abord le bruit, la poussière et la rue salie. La commune relaie, et l’acheteur s’en souvient à la consultation suivante.

Les engagements qui se notent portent un moyen et une fréquence :

  • horaires de travaux et périodes d’interruption, cohérents avec l’arrêté de voirie et les plages autorisées par la commune ;
  • arrosage des pistes et des zones de décapage par temps sec ;
  • lavage des roues en sortie d’emprise et balayage de l’itinéraire emprunté ;
  • capotage des groupes, engins entretenus, brise-roche cantonné à des plages annoncées ;
  • information des riverains avant chaque phase, avec un interlocuteur nommé et joignable.

Un constat d’état des lieux avant travaux protège l’entreprise autant que le voisinage. Il tranche les litiges de fissures et de voiries dégradées que les vibrations soulèvent souvent. Demandez son prix à l’huissier ou au géomètre qui l’établira, puis portez-le au chiffrage comme n’importe quelle prestation extérieure.

Eau, milieux et biodiversité : jusqu’où va le mémoire, et où il s’arrête

La protection de l’eau se joue sur des dispositifs, pas sur des principes. Près d’un fossé, d’une noue ou d’un cours d’eau, le mémoire décrit :

  • les barrières filtrantes en pied de talus, avec le linéaire que le site impose ;
  • le dispositif de décantation avant rejet, dimensionné sur le bassin versant intercepté ;
  • l’aire étanche de lavage des toupies et le stockage des hydrocarbures sur rétention ;
  • les kits antipollution, leur emplacement et la conduite à tenir en cas de déversement.

Chacun de ces dispositifs se chiffre sur devis : le loueur pour le bassin, le fournisseur de géotextile pour les barrières, votre installateur habituel pour l’aire étanche. Lancez ces consultations avant d’écrire le mémoire, car ce que vous annoncez, le prix doit le porter.

La biodiversité se traite par des zones et par des périodes. Balisez les arbres conservés, les haies et les zones sensibles avant la première intervention d’engin. Reprenez les périodes que le dossier prescrit pour le dégagement des emprises, puis calez le planning dessus.

Un suivi environnemental confié à un intervenant spécialisé se cite au mémoire quand l’opération le justifie. Demandez-lui son devis avant de l’annoncer, car il facture au mois et la durée du chantier fixe la dépense.

Consommations et engins : des chiffres que vous tenez déjà

Les acheteurs demandent de plus en plus le parc affecté et sa consommation. Ces chiffres sortent de vos sous-détails.

La consommation d’une pelle en production, vous la connaissez déjà : relevé de cuve, bons de livraison, heures pointées sur la machine. Le prix du litre rendu chantier figure sur vos dernières factures de gazole non routier. Le carburant pèse sur le prix avant de peser sur l’argumentaire.

Ce que le mémoire annonce sans se mettre en danger :

  • l’âge et le niveau d’émission des engins affectés, machine par machine ;
  • la réduction des rotations à vide par un phasage des évacuations ;
  • l’extinction des moteurs à l’arrêt et le relevé des consommations ;
  • le mode d’alimentation retenu pour la base vie et l’éclairage.

N’annoncez pas un bilan carbone que vous ne produirez pas. Un chiffre invérifiable coûte plus qu’il ne rapporte.

Chaque engagement environnemental a un coût : où le loger dans le prix

La plupart des offres manquent ce point. Le mémoire promet, le bordereau ignore, et l’écart apparaît au premier mois de chantier.

Trois cas se présentent :

  • le bordereau porte une ligne dédiée : chiffrez-la au sous-détail, avec ses moyens et sa durée ;
  • le CCTP prescrit sans ligne dédiée : le coût rejoint les frais de chantier ;
  • vous proposez une mesure de votre initiative : chiffrez-la avant de l’écrire, ou renoncez-y.

Le poids réel de ces postes, vous le lisez sur vos affaires passées. Reprenez deux chantiers soldés, sortez ce que les bennes, le transport et l’admission y ont coûté, puis rapportez-le au montant des travaux. Ce repère vaut pour votre entreprise, là où une moyenne de profession ne vous engage à rien.

La méthode de chiffrage ne change pas. Reprenez calculer un déboursé sec, puis affectez ce qui ne se rattache à aucun ouvrage selon la liste des frais de chantier.

Un volet environnemental recopié se repère à sa première contradiction avec le dossier : un exutoire qui n’existe plus, une contrainte de site jamais citée. Les autres fautes classiques figurent dans les erreurs de mémoire technique, et un exemple commenté montre le niveau de détail attendu.

FAQ

Le SOGED est-il obligatoire dans un mémoire technique ?

Aucun texte ne l’impose à lui seul : cette obligation naît du contrat. Le règlement de la consultation ou le CCTP peuvent le réclamer dès l’offre, parfois sous le sigle SOSED. Le CCAG Travaux 2021, article 36.2.1, le situe en période de préparation.

Lisez donc ces pièces avant de conclure. Quand aucune ne le réclame à l’offre, un chapitre déchets structuré tient le même rôle dans le mémoire, et le schéma reste dû après la notification si le marché renvoie au CCAG. La fiche SOGED précise ce que ce schéma engage.

Que répondre quand le dossier ne fixe aucune exigence environnementale ?

Traitez le sujet quand même, en restant proportionné au lot. Décrivez les flux réels du chantier, leur destination et les nuisances attendues. Un acheteur qui n’a rien demandé remarque tout de même la maîtrise. En revanche, ne promettez aucun moyen que le prix ne porte pas.

Faut-il annoncer un taux de valorisation des déblais ?

Seulement si vous pouvez le tenir. Le taux que vous affichez repose sur deux conditions distinctes. Le réemploi sur site suppose une nature de terres vérifiée et un usage autorisé par le CCTP. La valorisation hors site suppose une installation capable d’absorber le flux et de délivrer les justificatifs.

À défaut, annoncez un engagement plus bas et documenté : il vaut mieux qu’un chiffre flatteur démenti dès le premier mois.

Le volet environnemental engage-t-il l’entreprise après l’attribution ?

Oui, dès lors que le mémoire figure parmi les pièces contractuelles, ce qui arrive souvent en travaux publics. Exutoires nommés, moyens de tri et mesures de protection deviennent alors opposables, et le maître d’œuvre les ressort en réunion de chantier. Vérifiez ce statut dans le règlement avant d’écrire la première ligne.

Une consultation en cours et un volet environnemental à écrire ?

Transmettez le dossier tel qu’il vous a été livré : CCTP, cadre de mémoire, pièces environnementales, plans. Vous saurez quels engagements il impose, ce qu’ils coûtent et comment les formuler.

Une offre qui tient demande un mémoire écrit pour ce dossier-là. EDP Solutions rédige les mémoires techniques des entreprises de travaux publics, de VRD, de génie civil et d’aménagement paysager : SOPAQ, mémoire sécurité, SOPAE, insertion et RSE, SOGED, décarbonation. Le planning prévisionnel et les métrés suivent la même consultation.

Le mémoire vous revient en document modifiable, le chiffrage en classeur ouvert que vous ajustez avant d’envoyer, jamais en PDF fermé. Vous vérifiez une première version, puis vous confirmez ou corrigez la seconde. Ce dont nous répondons s’arrête au déboursé sec : le coefficient de vente que vous nous communiquez reste votre décision.

Comptez sept jours quand les prix extérieurs sont déjà en main, deux semaines sinon, dont une de consultation des fournisseurs, sous-traitants et exutoires : c'est elle qui remplace un prix de barème par un prix consenti. Un ingénieur études de prix, praticien en exercice, conduit chaque mission : voyez notre méthode, la réponse aux appels d’offres ou l’étude de prix VRD.

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