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Le plan d’un mémoire technique en 8 parties

Le plan ne s’invente pas : il se déduit des sous-critères du règlement de la consultation. Voici une ossature en huit parties pour un mémoire technique de lot TP ou VRD, ce que contient chacune, comment la caler sur la grille de notation et ce qui se capitalise d’un dossier à l’autre.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Le mémoire technique qui gagne : le guide complet

Le plan d’un mémoire technique se déduit des sous-critères du règlement de la consultation, jamais d’un modèle générique. Huit parties couvrent les attendus d’un lot TP ou VRD : présentation ciblée, compréhension du site, méthodologie, moyens, planning, sécurité, environnement, qualité et contrôles.

Le noteur travaille avec une grille sous les yeux et plusieurs offres à traiter dans la journée. S’il ne trouve pas un sous-critère là où il l’attend, il ne le cherche pas : il note ce qu’il a lu.

L’ossature proposée ici vaut pour les lots de travaux publics : VRD, terrassement, assainissement, génie civil, ouvrages d’art courants, aménagement paysager. Elle se plie ensuite à la grille de jugement de chaque consultation.

Le guide mémoire technique traite le panorama du sujet. Cette page décrit la structure, partie par partie.

Le plan d’un mémoire technique se déduit de la grille de notation

La valeur technique pèse une part du classement que le règlement de la consultation fixe noir sur blanc, à côté du prix. Cherchez l’article qui énonce les critères de jugement : il donne la pondération retenue, puis la liste des sous-critères et le poids de chacun.

Ce découpage est votre sommaire. Il n’en existe pas d’autre source légitime.

La construction se fait en trois gestes, une fois le règlement lu et dépouillé (voir comment lire un DCE) :

  1. Recopier les sous-critères dans l’ordre du règlement et avec ses mots. Si l’acheteur écrit « organisation du chantier et maintien des circulations », votre titre reprend cette formulation, pas un intitulé maison.
  2. Rattacher chaque sous-critère à l’une des huit parties ci-dessous, en ajoutant s’il le faut un sous-titre dédié.
  3. Pondérer le volume : une partie qui rapporte peu de points ne mérite pas de longs développements, même si vous avez de la matière.

Ce calage se fait au début de l’étude, en même temps que le repérage des contraintes du site. Mené à la fin, il oblige à tout réécrire.

Les huit parties d’un mémoire technique en TP

#

Partie

La question à laquelle elle répond

Ce qui l’alimente

1

Présentation ciblée

Qui exécute, et pourquoi vous

Références transposables, moyens propres

2

Compréhension du site

Avez-vous vu le chantier ?

Visite, plans, CCTP, réseaux existants

3

Méthodologie d’exécution

Comment ce chantier sera mené

CCTP, phasage, contraintes d’emprise

4

Moyens humains et matériels

Qui vient, avec quoi, quand

Organigramme, parc matériel, sous-détails

5

Planning d’exécution

Le délai est-il tenable ?

Rendements, quantités du métré

6

Hygiène et sécurité

Les risques sont-ils maîtrisés ?

PGC, analyse des risques, PPSPS

7

Environnement et riverains

Le milieu et le voisinage sont-ils protégés ?

SOGED, filières, contraintes eau

8

Qualité et contrôles

Comment la conformité est prouvée

Points d’arrêt, essais, récolement

1. Présentation ciblée de l’entreprise

La partie la plus courte du document, et surtout pas la plaquette commerciale. L’acheteur veut savoir ce qui, dans votre entreprise, sert cette opération :

  • ouvrages comparables déjà réalisés ;
  • implantation par rapport au site ;
  • matériel en propre ;
  • effectif disponible sur la période.

Le reste appartient à la candidature.

2. Compréhension du site et des contraintes

Cette partie prouve la visite. Décrivez l’environnement réel :

  • accès, gabarits et giration des engins ;
  • riverains et commerces desservis ;
  • réseaux concessionnaires repérés ;
  • nature des sols relevée dans l’étude géotechnique ;
  • servitudes, cours d’eau ou zone sensible à proximité.

Chaque contrainte citée ici doit trouver sa réponse en partie 3. Ce chaînage distingue un mémoire écrit pour ce chantier d’un document recyclé.

Parties 3 et 4 : la méthode d’exécution et les moyens

3. Méthodologie d’exécution, phase par phase

Le cœur du document, et la partie qui pèse le plus lourd dans la note. Déroulez l’opération dans l’ordre où vous l’exécuterez : installation et signalisation, dégagement des emprises, terrassements, réseaux humides puis secs, structure de chaussée, revêtements, plantations, réfections et repli.

Pour chaque phase : méthode retenue, moyens affectés, points de vigilance, interfaces.

En agglomération, les questions d’exploitation font la différence : accès riverains, cheminements piétons, phasage de la circulation, horaires imposés, stockage des matériaux en emprise étroite. Un exemple de mémoire technique commenté montre le niveau de détail attendu.

4. Moyens humains et matériels affectés

Nommez. L’organigramme d’opération porte le conducteur de travaux, le chef de chantier et l’encadrement sécurité. Ajoutez leur expérience sur des ouvrages comparables, l’effectif par phase et par qualification. Côté matériel : type, tonnage, propriété ou location, période de mobilisation.

Ces annonces engagent votre prix autant que votre note. Une pelle affectée à plein temps se retrouve dans le sous-détail correspondant. Reprenez le tarif de votre dernière consultation loueur, ou votre coût interne de parc : voir faire un sous-détail de prix et le guide de l’étude de prix TP.

Annoncer des moyens non chiffrés revient à promettre une perte.

Parties 5 et 6 : le planning et la sécurité

5. Planning d’exécution et tenue des délais

Un planning en barres, daté, phase par phase, reste cohérent avec la partie 3 et avec le délai du marché. Il fait apparaître les tâches critiques, les interfaces avec les concessionnaires, les approvisionnements à commande longue et les périodes d’intempéries prévisibles.

Ce planning se construit sur vos rendements réels appliqués aux quantités du bordereau, pas sur une intuition. La chaîne va du métré aux prix et ratios TP. Le maître d’œuvre ressortira cette pièce en première réunion de chantier.

6. Hygiène, sécurité et protection de la santé

Cette partie expose d’abord l’analyse des risques propres à l’opération :

  • tranchées et blindage ;
  • circulation d’engins ;
  • travaux à proximité de réseaux ;
  • coactivité entre intervenants.

Ajoutez les mesures de prévention associées, l’encadrement sécurité, les formations et habilitations, l’accueil des nouveaux arrivants.

Le plan particulier de sécurité et de protection de la santé, lorsqu’il est exigé, se prépare en parallèle : voir rédiger un PPSPS et la prestation PPSPS et pack de préparation de chantier.

Parties 7 et 8 : l’environnement et la qualité

7. Environnement, déchets et riverains

Nommez les filières et les exutoires de vos déblais et de vos déchets. Un taux de valorisation ne s’annonce pas au jugé : reprenez celui que votre exutoire vous confirme par écrit, et faites figurer au mémoire les centres de destination.

Traitez ensuite la protection des eaux pluviales, la propreté des voiries empruntées, le bruit et les poussières, l’information des riverains. Le contenu attendu, engagement par engagement, figure dans le volet environnemental du mémoire technique.

Quand l’opération relève d’une procédure au titre de l’eau, le sujet dépasse le mémoire : voir le dossier loi sur l’eau.

8. Qualité, contrôles et documents d’exécution

La partie la plus souvent bâclée se rédige pourtant vite. Elle contient :

  • le plan de contrôle par nature d’ouvrage : compactage, essais de réception des réseaux, contrôle des matériaux ;
  • les points d’arrêt et leurs délais de levée ;
  • le traitement des non-conformités ;
  • les plans d’exécution, le récolement et le dossier des ouvrages exécutés.

Une entreprise qui décrit comment elle prouve sa conformité rassure davantage que celle qui promet la qualité.

Trois règles qui font tenir le plan

Des titres qui reprennent le vocabulaire du règlement. Le noteur coche une grille ; vos intertitres reprennent les intitulés de cette grille. Un sommaire paginé en tête de document et le numéro de sous-critère rappelé en début de partie lui font gagner du temps, donc vous servent.

Un ordre qui suit celui de la notation, pas celui du chantier. Si le règlement place la sécurité en premier sous-critère, la sécurité passe en tête, même si l’exécution commence par les terrassements.

Une hiérarchie stable. Deux niveaux de titres suffisent, avec une numérotation continue. Tableaux, plannings, fiches techniques et attestations partent en annexe, appelés depuis le texte : le corps porte le raisonnement, l’annexe fournit la preuve.

Ce qui se capitalise et ce qui se réécrit à chaque fois

Une fois la trame en place, séparez les deux matières.

  • Permanent, parties 1, 6 et 8 : présentation, procédures sécurité, démarche qualité et contrôles se mettent à jour à intervalles réguliers.
  • Propre à l’opération, parties 2, 3, 5 et 7 : elles se réécrivent intégralement.
  • Mixte, partie 4 : le vivier de moyens reste stable, alors que leur affectation change à chaque chantier.

Mesurez cette part permanente sur vos deux derniers mémoires : comptez les pages reprises sans modification, rapportez-les au total. Le résultat vous dit ce que la prochaine consultation vous coûtera vraiment en heures de rédaction.

La trame se capitalise, jamais le contenu chantier. Les fautes classiques du copier-coller figurent dans les erreurs de mémoire technique, le parcours complet de la réponse dans répondre à un appel d’offres public.

EDP Solutions rédige ce type de document au titre des mémoires techniques : SOPAQ, mémoire sécurité, SOPAE, insertion et RSE, SOGED, décarbonation. Nous produisons aussi le planning prévisionnel qui deviendra le planning d’exécution, et le métré remis comme livrable.

Ce volet s’articule avec la réponse aux appels d’offres, l’étude de prix VRD, l’étude de prix génie civil et l’aménagement paysager. Le dossier vous arrive ouvert, jamais en PDF fermé : vous ajustez les engagements avant de l’envoyer, en deux passes de validation.

Un ingénieur études de prix, praticien en exercice, conduit les missions selon notre méthode, pour une offre qui tient.

FAQ

Faut-il toujours respecter ces huit parties ?

Non : c’est une base de travail, pas une norme. Seul le règlement fixe une structure opposable, et un cadre de mémoire fourni se suit à la lettre. Sinon, ces huit parties couvrent les sujets attendus sur un lot de travaux publics, à réordonner selon les sous-critères.

Dans quel ordre placer les parties d’un mémoire technique ?

Dans l’ordre des sous-critères du règlement : le noteur descend sa grille ligne par ligne, et ce qu’il ne trouve pas n’est pas noté. Sans ordre imposé, placez la compréhension du site et la méthodologie en tête : elles portent l’essentiel des points.

Quelle longueur pour chaque partie ?

Proportionnelle au poids du sous-critère correspondant, jamais à la matière disponible. La méthodologie d’exécution occupe donc le plus de place, la présentation de l’entreprise le moins. Si le règlement fixe un nombre de pages par rubrique, cette répartition prime sur toute autre considération.

Peut-on réutiliser le plan d’un mémoire précédent ?

Le plan, oui, à condition de le recaler sur les sous-critères de la nouvelle consultation avant d’écrire. Le contenu des parties site, méthode et planning, non : c’est ce qui est noté. Un paragraphe recyclé se repère à la première contradiction avec le dossier. Un exemple commenté montre où passe la frontière.

Un repère par mois, sans bruit

La newsletter EDP Solutions transmet des repères de réponse aux appels d’offres TP et VRD directement exploitables. Au programme : points de méthode, pièces de règlement décortiquées, sous-critères relevés sur les consultations du moment. Un mémoire attend déjà sa date limite ? Demandez un devis.

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