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Exemple de mémoire technique : sept extraits commentés

Sept extraits de mémoire technique commentés un à un sur une opération de VRD fictive : compréhension du site, phasage, méthodologie, moyens, sécurité, environnement, planning. Chaque extrait est suivi de ce que l'acheteur y note réellement.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Le mémoire technique qui gagne : le guide complet

Un exemple de mémoire technique sert à calibrer le niveau de détail attendu, jamais à être recopié. Cette page en donne sept extraits, écrits sur une opération de VRD fictive et commentés un à un : compréhension du site, phasage, méthodologie, moyens, sécurité, environnement, planning.

Un mémoire recopié d'une consultation à l'autre se repère dès la première page. L'acheteur le note en conséquence. Chaque extrait porte donc le commentaire qui explique ce qu'il rapporte comme points.

Pour la structure d'ensemble, reportez-vous au plan type d'un mémoire technique ; pour le panorama, au guide mémoire technique.

Le chantier support de cet exemple de mémoire technique

Requalification d'une traverse de bourg : création d'un collecteur d'eaux pluviales, reprise des bordures et des trottoirs, réfection de la chaussée. Trois valeurs cadrent l'exercice. Le linéaire se lit au plan et à la DPGF, le délai contractuel au CCAP, la pondération de la valeur technique au règlement de la consultation.

Quatre contraintes commandent ensuite le mémoire entier. Leur repérage relève du dépouillement décrit dans comment lire un DCE.

Donnée lue dans les pièces

Ce que le mémoire doit en tirer

Voie unique d'accès des riverains et de deux commerces

Un phasage maintenant un accès en permanence

Emprise interdisant le croisement

Livraisons et stockage hors emprise

Réseaux existants partiellement relevés

Sondages préalables, conduite à tenir

Exutoire pluvial vers un fossé

Protection du milieu en terrassement

Extrait 1 : la compréhension de l'opération

Aucune formule d'intention, mais des données tirées des pièces et la conséquence qu'elles imposent. Le linéaire sort de la DPGF, la profondeur du profil en long. Cette compréhension se prouve en citant ce qu'un lecteur du dossier est seul à pouvoir citer.

Extrait 2 : l'installation de chantier et le phasage

Le nombre de phases se déduit du plan. Comptez les accès à maintenir, puis les tronçons qu'ils imposent.

Le phasage montre à l'acheteur que l'entreprise a saisi le vrai sujet : poser un collecteur sans couper l'accès aux riverains. Un tel engagement se contrôle, là où « limiter la gêne » échappe à toute vérification.

Ces phases coûtent. Elles allongent la présence de la signalisation et de l'encadrement, poste détaillé dans les frais de chantier.

Extrait 3 : l'exécution du collecteur d'eaux pluviales

Les verbes d'exécution y suivent l'ordre réel du chantier. Les cadences sont chiffrées et chaque point d'arrêt porte un nom, ce qui sort l'extrait de la paraphrase du CCTP.

Aucun barème ne vous donnera ces cadences. Elles sortent de vos pointages, du rapport de chantier d'une opération comparable, ou de la fiche de production de votre chef de chantier.

Elles engagent, car un rendement que votre planning contredit figure parmi les fautes recensées dans les erreurs de mémoire technique.

Extrait 4 : les moyens humains et matériels affectés

L'acheteur veut savoir qui vient, avec quoi, et pendant quelle phase. L'effectif global de l'entreprise reste hors sujet. Un moyen sans durée d'affectation ne vaut rien ; assorti de sa durée, il devient opposable dès que le mémoire prend valeur contractuelle.

La pelle mobilisée en continu doit donc se retrouver dans le chiffrage, au prix que porte le devis de votre loueur pour la période concernée. Repères de méthode dans prix de location d'une pelle avec chauffeur.

Extrait 5 : le maintien des circulations et la sécurité

La sécurité se juge sur des dispositions datées et localisées. Un rappel des obligations générales ne rapporte aucun point.

Le parc de signalisation se chiffre sur la durée réelle du chantier, au tarif mensuel que votre loueur confirme pour les équipements déployés.

La pièce elle-même relève de rédiger un PPSPS, et de la prestation PPSPS et pack de préparation de chantier.

Extrait 6 : les déblais, les nuisances et les riverains

Le volume sort de votre métré de terrassement, le taux de valorisation du devis de la plateforme que vous avez consultée. Écrire un taux sans avoir appelé la filière vous expose deux fois : à la notation, puis à l'exécution.

Chaque phrase de cet extrait se vérifie : vous nommez la filière, vous suivez l'objectif par bordereaux, un contrôle sur place confirme la protection des avaloirs.

Si l'opération relève d'une procédure au titre de l'eau, voir dossier loi sur l'eau.

Extrait 7 : le planning et les engagements de délai

Le contrôle du maître d'œuvre est immédiat : il rapporte les linéaires aux cadences déclarées plus haut et vérifie que le compte tombe. Faites ce calcul avant lui.

Les nombres qui suivent sont ronds et arbitraires, choisis pour que le calcul se refasse de tête. Sur 600 mètres de collecteur posés à 30 mètres par jour, la pose occupe 20 jours. Un planning qui la boucle en 10 jours annonce donc, sans le dire, une cadence de 60 mètres par jour.

Reprenez alors l'un des deux, la cadence ou le planning, et faites-les coïncider. La commission, elle, ne tranchera pas en votre faveur.

Afficher les délais d'attente des concessionnaires et une provision d'intempéries montre un planning construit sur le chantier réel.

Le même paragraphe, deux versions

L'écart entre un mémoire noté et un mémoire ignoré tient au remplacement d'une formule générale par une donnée du dossier.

Version passe-partout

Version écrite pour ce chantier

« Nous limiterons la gêne des riverains. »

« L'accès est rétabli chaque soir par l'extrémité non travaillée. »

« Notre parc matériel est important. »

« Une pelle de 12 t affectée à plein temps en terrassement. »

« Déchets évacués conformément à la réglementation. »

« Inertes vers une plateforme identifiée, valorisation suivie par bordereaux. »

Ce qu'un exemple ne montre pas : la cohérence avec le prix

Un mémoire se lit à côté d'une offre financière. Beaucoup d'entreprises s'y contredisent sans le voir.

Les cadences de l'extrait 3 ont établi les temps unitaires. L'encadrement de l'extrait 4 doit apparaître dans les frais de chantier, valorisé au coût réel. Votre taux horaire chargé se calcule sur vos bulletins de paie et votre dernier bilan, méthode détaillée dans le taux horaire chargé dans le BTP.

Le mémoire décrit ce que le déboursé sec et les frais de chantier ont chiffré. Quand les deux pièces divergent, l'une des deux est fausse.

La chaîne complète figure dans le guide étude de prix en TP, le parcours d'une réponse dans répondre à un appel d'offres public.

FAQ

Peut-on reprendre un exemple de mémoire technique tel quel ?

Non, et c'est la seule règle absolue du sujet. Un texte générique ne répond à aucun sous-critère de la consultation en cours : la commission n'a rien à noter. Elle le repère d'autant plus vite qu'elle lit plusieurs offres bâties sur le même modèle.

Capitalisez vos éléments permanents, puis réécrivez chaque fois la partie propre au chantier. Elle seule porte les points.

Jusqu'où faut-il descendre dans le détail de la méthodologie ?

Jusqu'au niveau où une phrase ne pourrait plus être écrite pour un autre chantier. Le test : masquez le nom de l'opération et relisez. Si le paragraphe reste vrai pour n'importe quel chantier de VRD, il ne vaut aucun point. Descendez jusqu'aux moyens affectés, aux cadences et aux points d'arrêt, sans transformer le mémoire en méthode d'exécution complète.

Faut-il faire figurer des prix dans le mémoire technique ?

Non. Offre technique et offre financière sont deux pièces distinctes, et faire apparaître des montants expose au rejet lorsque le règlement impose leur séparation. Les quantités, les durées d'affectation et les cadences y ont en revanche toute leur place : ce sont les grandeurs physiques qui produiront le prix.

Que faire quand le règlement impose une trame à compléter ?

Remplissez-la sans en modifier l'ordre ni les intitulés, et logez-y le contenu illustré plus haut. Une trame imposée est une chance : elle dit exactement ce que la commission note, et dans quel ordre.

Les éléments qui n'y trouvent pas leur place partent en annexe, quand le règlement l'autorise : plan d'installation, parcours de l'encadrement, fiches techniques.


De l'exemple à votre propre mémoire technique

Une offre qui tient repose sur des pièces qui se répondent. EDP Solutions produit le déboursé sec, les mémoires techniques, le planning prévisionnel qui deviendra votre planning d'exécution, et les métrés livrés comme pièce à part entière.

Ces pièces s'assemblent au titre de la réponse aux appels d'offres, en cohérence avec l'étude de prix VRD et l'étude de prix génie civil. Vous recevez un classeur ouvert que vous ajustez avant d'envoyer, jamais un PDF fermé. Un ingénieur études de prix, praticien en exercice, conduit les études.

Un repère par mois, sans bruit. La newsletter EDP Solutions transmet des points de méthode et des repères de chiffrage TP et VRD directement exploitables. Une consultation est ouverte sur votre bureau ? Demandez un devis.

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