Aller au contenu principal
EDP Solutions

Article

Prix location pelle avec chauffeur : ce que couvre le tarif

Ce qu’un tarif journalier de location avec chauffeur contient réellement, ce qu’il laisse dehors, de l’amenée au carburant en passant par les heures supplémentaires et l’immobilisation, et la méthode pour transformer un coût de location en prix unitaire défendable dans un bordereau TP ou VRD.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Prix travaux publics : les ratios et données de référence

Un tarif de location d’engin avec chauffeur couvre la machine, son conducteur, l’entretien et l’assurance. Il laisse souvent dehors le carburant, compris ou non selon le contrat, ainsi que l’amenée et le repli, les heures au-delà de la journée de référence, les journées d’immobilisation. S’y ajoute le temps que votre chantier fait perdre à l’engin.

Ces postes séparent le tarif annoncé du coût qui atterrit dans votre déboursé. La requête « prix location pelle avec chauffeur » ramène donc des chiffres journaliers qui, seuls, ne se comparent pas : deux devis au même tarif journalier peuvent recouvrir des périmètres différents.

Cette page décrit la méthode : décomposer un tarif, ramener deux devis au même périmètre, puis convertir un coût journalier en prix unitaire tenable dans un bordereau de terrassement, de VRD ou d’aménagement extérieur. Les ordres de grandeur cités sont à recaler sur vos consultations ; le panorama figure dans le guide prix et ratios TP.

Ce que couvre un tarif journalier, et ce qu’il laisse dehors

Un tarif « engin + chauffeur » est un forfait composite : amortissement, entretien, assurances, salaire chargé du conducteur, frais de structure et marge du loueur. Ce qu’il ne couvre pas varie d’une agence à l’autre, et c’est précisément ce qu’il faut demander avant toute comparaison.

Poste

Généralement compris

À faire préciser

Amortissement de la machine

Oui

—

Entretien, révisions, pièces d’usure

Oui

Dents, lames et godets spécifiques

Assurance de l’engin

Oui

Franchise en cas de bris de machine

Salaire chargé du conducteur

Oui

Paniers, trajets, heures au-delà de la journée

Carburant (GNR)

Variable

Plein pour plein, au litre ou forfait

Amenée et repli

Non

Porte-engins ou plateau, convoi, autorisations

Équipements complémentaires

Non

Brise-roche, godet de curage, pince de tri

Attente, intempéries, repli anticipé

Non

Facturation des journées non productives

Le carburant mérite un traitement séparé. La consommation dépend de la machine et du régime de travail : relevez-la sur vos propres relevés de cuve, ou demandez-la au loueur. Le prix, lui, se suit : le ministère chargé de l’énergie publie chaque semaine les prix moyens des produits pétroliers. Sur plusieurs semaines, ce seul poste sépare deux devis apparemment identiques.

Prix location pelle avec chauffeur : les ordres de grandeur par engin

Ce site ne publie pas de tarifs de location, et pour une raison qui tient au métier : un tarif journalier n’est pas un prix, c’est un périmètre. Deux devis au même montant divergent dès le premier dépassement si l’un compte la journée à 7 heures et l’autre à 8. Voici donc, engin par engin, ce que son devis doit préciser.

Engin

Emploi courant en TP / VRD

Ce que son devis doit préciser

Mini-pelle 1,5 t

Tranchées en site étroit, aménagement paysager

Le mode de transport : un plateau suffit, ce qui change tout sur l’amenée

Mini-pelle 5 t

Terrassements localisés, branchements

Les équipements inclus, godets et lame

Pelle 8 t

Réseaux humides, voirie communale, curage de fossés

La longueur de flèche et le blindage éventuel

Pelle 20 t

Déblais de masse, plateformes, VRD

Le porte-engins, et l’autorisation de convoi qu’il suppose

Pelle 30 t et plus

Grands terrassements, génie civil, ouvrages d’art

Le régime de transport exceptionnel et ses délais d’autorisation

Chargeuse sur pneus

Reprise de stock, chargement de camions

Le godet retenu, qui commande la cadence de chargement

Tombereau articulé

Déblais hors voirie, sites accidentés

La piste de circulation, à créer et à entretenir

Camion benne 8x4

Évacuation et approvisionnement sur route

L’unité de facturation, à l’heure ou à la rotation

Trois mécanismes déplacent ces repères.

  • Durée d’engagement : une location au mois se négocie, et la dégressivité obtenue est votre affaire, pas une donnée de marché.
  • Dépassement horaire : au-delà de la journée de référence, l’heure supplémentaire suit son propre tarif. Faites-le écrire au devis, car le poste pèse vite en horaires décalés sur voirie circulée.
  • Équipement : un brise-roche hydraulique se facture en supplément, et il fait chuter le rendement en même temps qu’il augmente le coût.

Les trois postes que le tarif journalier ne dit pas

L’amenée et le repli suivent les contraintes du convoi, pas la valeur de la machine. Une mini-pelle voyage sur plateau ; au-delà, il faut un porte-engins, parfois une autorisation de transport exceptionnel. Demandez le forfait au loueur, puis divisez-le par le volume du poste : sur une intervention courte, il pèse plus lourd que la location.

Le temps facturé n’est pas du temps produit. Installation, attentes de camions, déplacements sur emprise, découvertes de réseaux : la part réellement productive d’une journée se relève sur vos pointages. Chiffrer au rendement catalogue revient à offrir le reste.

Les journées non productives se facturent quand même. Intempéries, attente d’un ordre de service, emprise indisponible : les contrats prévoient une facturation de la journée immobilisée, à un taux qui varie d’un loueur à l’autre. Cette clause se lit avant la signature, pas après le premier arrêt.

Du tarif journalier au prix unitaire

Un bordereau ne se remplit pas en euros par jour, mais au mètre cube, au mètre linéaire ou au mètre carré. Le passage se fait par le rendement, toujours dans le même ordre.

1. Composer l’atelier, pas l’engin. Une pelle seule ne produit rien : elle travaille avec des camions ou des tombereaux dimensionnés pour ne pas la faire attendre, et souvent un ouvrier au sol. Le coût à retenir est celui de l’atelier.

2. Reconstituer le coût journalier complet. Tarif de location, quote-part d’amenée et de repli, carburant s’il est à votre charge, équipements spécifiques. En location nue, ajoutez le conducteur à son taux horaire chargé ; avec chauffeur, il est déjà dedans et ne se compte pas deux fois.

3. Retenir un rendement de chantier. Le rendement horaire de l’atelier, corrigé de votre taux d’utilisation réel et multiplié par la durée de journée inscrite au contrat, donne la quantité réellement produite.

4. Diviser. Le coût journalier de l’atelier rapporté à cette quantité donne la part matériel du déboursé sec. Une erreur de rendement s’y voit peu et coûte cher, car rien en aval ne la corrige.

Le déroulé complet tient dans deux méthodes : calculer un déboursé sec et faire un sous-détail de prix. Au mouvement de terres, lisez prix du terrassement au m³.

Avec chauffeur, en location nue ou avec votre propre matériel

Les trois formules ne se comparent pas au tarif affiché, mais à coût complet et sur la durée d’emploi prévue.

Critère

Location avec chauffeur

Location nue

Matériel en propre

Ce que vous payez

Un forfait, carburant à préciser

La machine seule, sans conducteur ni carburant

Annuité, entretien, assurance

Conducteur

Fourni par le loueur

À votre charge, avec autorisation de conduite

À votre charge toute l’année

Carburant

Selon contrat

À votre charge

À votre charge

Souplesse

Maximale : engagement à la journée

Bonne, si le conducteur est disponible

Faible : la machine se rentabilise ou dort

Pertinent quand

Pointe d’activité, engin ponctuel

Vous avez l’homme, pas la machine

Emploi régulier et prévisible

La bascule s’apprécie en heures d’emploi annuel, et ce seuil se calcule plutôt qu’il ne se lit. Divisez le coût annuel complet de la machine en propre, annuité, entretien, assurance et immobilisation comprises, par le tarif journalier que vous paieriez en location. Vous obtenez le nombre de journées au-delà duquel l’acquisition se défend. En dessous, la location transforme un coût fixe en coût variable et laisse le risque de panne chez le loueur.

Au-delà de ce seuil, l’acquisition mérite l’étude. Comptez alors l’immobilisation en période creuse et le conducteur sur douze mois.

Les clauses à cadrer avant de signer

  • La journée de référence et le régime des heures au-delà : deux tarifs identiques divergent dès le premier dépassement.
  • Le carburant : plein pour plein, au litre ou au forfait, et qui approvisionne sur site.
  • L’amenée, le repli et les déplacements entre zones d’intervention en cours de chantier.
  • La règle d’immobilisation en cas d’intempéries ou d’arrêt imposé.
  • La franchise d’assurance en cas de bris de machine, et le partage de responsabilité en cas de dommage à un réseau.
  • Le constat contradictoire au départ comme au retour, et le relevé des heures contresigné au fil de l’eau, dans la logique de l’attachement.

Reste à passer du coût au prix remis. La part matériel alimente le déboursé, auquel s’applique le coefficient de vente. Celui-là se calcule sur vos charges réelles, et il ne s’emprunte à personne : coefficient de frais généraux et de vente.

FAQ

Le carburant est-il compris dans un prix de location avec chauffeur ?

Pas systématiquement, et c’est la première question à poser. Trois pratiques coexistent : machine livrée pleine et rendue pleine, refacturation au litre, ou forfait journalier. Sur une machine qui tourne plusieurs semaines, l’écart entre deux propositions tient parfois à cette seule clause.

Comment comparer deux devis de loueurs sans se tromper ?

Ramenez-les au même périmètre avant de regarder le prix : journée de référence, heures supplémentaires, carburant, amenée et repli, équipements, règle d’immobilisation. Reconstituez ensuite un coût complet sur la durée réelle d’intervention. Sur une location courte, le tarif journalier le plus bas est très souvent le plus cher au total.

Faut-il chiffrer au tarif du loueur ou à un coût interne ?

Au tarif du loueur si vous louez, à votre coût réel de possession si vous mobilisez votre propre matériel, jamais à un mélange des deux. Valoriser un engin de l’entreprise au prix du marché fabrique une marge fictive sur le poste matériel, qui se perd ailleurs.

Comment traiter l’amenée et le repli dans un bordereau de prix ?

Deux traitements sont défendables : un prix spécifique d’installation et de repli lorsque le cadre de prix le prévoit, ou une répartition dans les frais de chantier. L’essentiel : une règle unique sur toute l’offre, et autant de mouvements comptés que de rotations prévues au phasage. Le sujet est détaillé dans frais de chantier.


Un doute sur le poste matériel de votre prochaine offre ? EDP Solutions construit vos sous-détails avec les ateliers, les rendements et les hypothèses de location explicités, pour un prix défendable en négociation : étude de prix VRD, étude de prix en génie civil, avant-métré externalisé. Voyez notre méthode ; les études sont conduites par un ingénieur études de prix, praticien en exercice.

Demander un devis

L’Observatoire : les données hors blog

Une variable à la loupe, des index commentés pour vos révisions, un conseil de chiffrage — chaque mois, sans digérer le blog. Double opt-in.