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Variantes et PSE en marché public de travaux : quoi chiffrer, quand

Une variante vient du candidat, une PSE vient de l’acheteur : la confusion coûte des offres. Où le règlement fixe le régime des variantes, comment éviter celle qui rend l’offre de base irrégulière, ce qu’elle coûte en temps d’étude, et les quatre leviers qui paient en TP et en VRD.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Comment répondre à un appel d’offres public : le guide TP/VRD

Une variante est une proposition alternative du candidat dans un marché public de travaux : autre technique, autre matériau, autre phasage. Elle s’ajoute à l’offre de base lorsque le règlement de la consultation l’exige. La PSE vient de l’acheteur, qui la décrit au dossier : vous la chiffrez à part, et lui seul décide de la retenir.

Les deux notions se confondent souvent, et l’erreur se paie cher. Une PSE oubliée fragilise l’offre entière. Une variante mal cadrée fait écarter un dossier techniquement excellent.

Ce qui suit vaut pour les travaux publics : VRD, terrassement, assainissement, voirie, génie civil, ouvrages d’art courants, aménagement paysager.

La définition de la pièce figure dans la fiche prestation supplémentaire éventuelle ; le parcours complet d’une réponse est cartographié dans le guide répondre à un appel d’offres public.

Qui propose une variante, qui décide d’une PSE

Trois notions voisines se distinguent par leur auteur et par leur moment.

Notion

À l’initiative de

Moment

Ce que vous remettez

Variante

Le candidat, sauf variante exigée

Consultation

L’offre variante chiffrée, avec l’offre de base quand le règlement l’impose

PSE

L’acheteur

Consultation

Un prix distinct, en plus de l’offre de base

Travaux supplémentaires

Le maître d’ouvrage ou d’œuvre

Exécution

Un prix nouveau, après ordre de service

La conséquence pratique tient en deux phrases. Sur une variante, vous prenez l’initiative, donc vous assumez la démonstration. Sur une PSE, vous n’avez aucune initiative : l’acheteur a déjà arrêté le contenu, vous ne décidez que du prix.

Où le règlement de la consultation fixe le régime des variantes

Le règlement de la consultation tranche, et lui seul. Cherchez-y l’article dédié, souvent intitulé « variantes et options ».

Trois régimes se rencontrent :

  • variantes autorisées : vous pouvez en déposer une, en plus de l’offre de base ;
  • variantes interdites : toute proposition alternative se fait écarter, quel que soit son intérêt technique ;
  • variantes exigées : l’acheteur impose la remise d’une solution alternative, chiffrée en plus de la solution de base.

Le règlement précise aussi le cadre de l’exercice : nombre de variantes admises, exigences techniques minimales à respecter, pièces à joindre, façon dont l’acheteur les notera.

Le silence du règlement, lui, ne s’interprète pas seul. Son sens dépend de la procédure et de la nature de l’acheteur. Posez donc une question écrite sur le profil d’acheteur plutôt que de parier.

La date de clôture des questions figure au règlement de la consultation : relevez-la dès l’ouverture du dossier. En procédure formalisée, le Code de la commande publique impose en outre un délai minimal entre la réponse de l’acheteur et l’heure limite de remise.

Le piège : la variante qui rend l’offre de base irrégulière

L’acheteur peut exiger une offre de base à l’appui de toute variante, et beaucoup de règlements le font. Quand cette exigence figure au dossier, l’offre de base doit rester chiffrable telle que le dossier la décrit.

Trois gestes suffisent à faire écarter un dossier :

  • remettre la seule variante alors que le règlement impose une offre de base ;
  • modifier le bordereau pour y loger la solution alternative ;
  • chiffrer l’offre de base sur les hypothèses de la variante, pour la rendre plus attractive.

Le troisième est le plus fréquent, et le plus difficile à défendre. Votre offre de base répond au CCTP tel qu’il est écrit, même quand vous jugez sa solution médiocre.

Ce qu’une variante coûte en temps d’étude

Une variante, c’est une seconde étude sur les postes qu’elle touche. Elle demande son propre avant-métré, ses propres sous-détails de prix, ses propres consultations fournisseurs.

Elle demande en plus une note technique qui démontre l’équivalence de performance. Ce travail-là ne se sous-traite pas au commercial du fournisseur.

Le repère est chez vous, pas dans un barème. Reprenez vos pointages sur les derniers dossiers VRD que vous avez étudiés, et rapportez-y le temps qu’une variante ajouterait. Elle touche la structure de chaussée ou le mode de pose : elle refait donc les postes les plus lourds. Or le délai de remise, lui, ne bouge pas.

D’où une règle de tri. Ne lancez une variante que si les trois conditions sont réunies : le règlement l’autorise, le gain porte sur des postes structurants, le temps restant permet de la démontrer. Deux sur trois ne suffisent pas.

Les quatre variantes qui paient vraiment en TP et en VRD

En travaux publics, une variante gagne rarement sur une idée. Elle gagne sur une masse de matériaux, sur des rotations de camions ou sur des journées d’atelier.

Levier

Ce que vous changez

Où se joue l’écart, et où vous le lisez

Technique de pose

Tranchée étroite, blindage, fonçage sous chaussée

Rendement, emprise, remise en état de voirie ; vos pointages de chantier donnent le rendement réel

Provenance des matériaux

Site de production plus proche, matériau de substitution admis par le CCTP

Le transport porte l’écart : comparez le prix départ site de votre consultation carrière au prix rendu chantier de votre devis de transport

Phasage

Ordre des phases, travail de nuit, intervention sous circulation maintenue

Durée totale, gêne aux riverains ; la majoration de nuit sort de votre grille de paie et de votre convention collective

Réemploi des déblais

Traitement et réutilisation des matériaux extraits

Écart entre le m³ évacué et le m³ réemployé ; le devis de la filière de dépôt et celui du traitement le bornent

Chacun de ces leviers suppose deux feux verts : un règlement de la consultation qui autorise la variante, et un CCTP qui ne verrouille pas le point déplacé. Vérifiez-les avant d’ouvrir un fichier de calcul.

Le réemploi des déblais, le levier qui pèse le plus lourd

En terrassement, l’écart se compte au mètre cube, puis se multiplie par la totalité du cube terrassé. Aucun autre levier ne travaille sur une masse pareille.

Il se démontre aussi : identification des matériaux, aptitude au traitement, plan de contrôle, conditions météorologiques. Sans cette démonstration, l’acheteur lit une promesse, pas une variante.

Comment chiffrer une PSE sans la subventionner

Chiffrez chaque PSE dans son hypothèse la plus défavorable : celle où l’acheteur la commande seule, hors de la phase principale. C’est la seule hypothèse que vous ne regretterez pas à l’exécution.

Quatre questions, dans cet ordre, construisent ce prix :

  • Quand s’exécute-t-elle ? Hors phase principale, les rendements chutent et les prix unitaires de l’offre de base ne tiennent plus.
  • Quels moyens faut-il ramener ? Une seconde amenée de matériel se chiffre à part : demandez le prix du mouvement aller-retour à votre transporteur, engin par engin.
  • Quelles installations sont déjà payées ? Ce que l’offre de base finance déjà ne se refacture pas sur la PSE.
  • Et si elle n’est pas commandée ? Aucun frais fixe de l’offre de base ne doit dépendre de sa retenue.

Le poids d’une PSE se mesure sur la consultation en main : rapportez son montant au total de votre offre de base. Le bordereau vous donne les deux.

Son effet sur le classement, lui, dépend du règlement. Certains acheteurs notent l’offre de base seule, d’autres le total offre de base et PSE. Le sujet est traité dans les critères de jugement des offres ; vérifiez-le avant d’arbitrer votre prix.

Comment présenter une variante que l’acheteur peut noter

Une variante se présente comme une démonstration. La note qui la porte tient en deux pages et répond à quatre questions, dans cet ordre :

  • ce que vous changez : solution de base, solution proposée, écart en une phrase ;
  • ce que ça vaut techniquement : performance équivalente ou supérieure, appuyée sur des essais, des références et des fiches produits ;
  • ce que ça change au chantier : délai, phasage, gêne aux riverains, sécurité, déchets ;
  • ce que ça change au prix : un cadre de prix séparé, ligne à ligne, comparable au bordereau de base.

Le dernier point décide de la lisibilité. Reprenez les intitulés et les unités du bordereau initial : l’acheteur compare deux colonnes, il ne reconstitue pas votre raisonnement.

Cette démonstration se loge dans le mémoire technique quand le règlement l’y autorise, ou dans une pièce dédiée quand il l’exige. La pondération de la valeur technique, elle, est écrite noir sur blanc au règlement de la consultation : lisez-la avant de décider combien de pages vous y consacrez.

Une variante démontrée nourrit donc les deux plateaux de la balance, le prix et la note technique. C’est ce qui la rend payante devant un acheteur qui attribue au mieux-disant.

FAQ

Peut-on déposer une variante sans offre de base ?

Cela dépend du règlement de la consultation. L’obligation de joindre une offre de base n’est pas automatique : elle existe quand le règlement la prévoit, ce qui reste fréquent. Le même article dit s’il admet les variantes, combien, et sous quelles exigences techniques minimales. En cas de silence, posez la question écrite sur le profil d’acheteur avant d’arbitrer.

Une PSE est-elle facultative pour le candidat ?

Non. La prestation supplémentaire éventuelle vient de l’acheteur, qui décide seul de la retenir à l’attribution. Le candidat, lui, la chiffre. Sauf mention contraire du règlement, une PSE non chiffrée expose l’offre à l’irrégularité. Votre marge de manœuvre porte sur le prix et sur les hypothèses d’exécution, jamais sur le fait de répondre.

Quelle différence entre une variante et des travaux supplémentaires ?

Le moment et l’auteur. La variante se propose pendant la consultation, à l’initiative du candidat, et se chiffre dans l’offre. Les travaux supplémentaires arrivent en cours d’exécution, à la demande du maître d’ouvrage, par ordre de service. Ils se règlent selon les prix du marché lorsqu’ils existent, sinon par des prix nouveaux, le cas échéant arrêtés à titre provisoire. Le régime applicable figure au CCAG Travaux visé par le marché.

Combien de variantes proposer sur un même lot ?

Une seule, démontrée, plutôt que trois esquissées. Le règlement plafonne parfois le nombre admis ; en dessous de ce plafond, l’arbitrage vous revient. Chaque variante consomme du temps d’étude sur un délai de remise qui ne bouge pas. Concentrez l’effort sur le poste qui porte le plus de masse : terrassement, structure de chaussée, réseaux.


EDP Solutions chiffre l’offre de base, les variantes et les PSE d’une même consultation, dans un seul classeur que vous ajustez avant d’envoyer. Trois prestations le nourrissent : étude de prix VRD, réponse aux appels d’offres, avant-métré externalisé.

Le même dossier porte aussi les mémoires techniques, SOPAQ, mémoire sécurité, SOPAE, insertion et RSE, SOGED, décarbonation, ainsi que le planning prévisionnel qui deviendra votre planning d’exécution. Les études sont conduites par un ingénieur études de prix, praticien en exercice.

Une consultation avec variantes autorisées sur le bureau ? Transmettez le dossier tel que vous l’avez reçu, même incomplet. Comptez sept jours quand les prix extérieurs sont déjà en main, deux semaines sinon, dont une de consultation des fournisseurs : c'est elle qui remplace un prix de barème par un prix consenti.

Vous gardez la décision de prix, nous préparons le travail qui la fonde : une offre qui tient. Demander un devis.

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