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Actualisation ou révision des prix : quelle formule pour quel moment

Deux mots proches, deux moments du marché, deux formules. Confondre actualisation et révision, c'est appliquer la mauvaise règle au bon prix — et produire un contrôle faux mais plausible.

Publié le Mis à jour le Par Abdelmounim El AsriGuide : Déboursé sec et sous-détail de prix : le guide de référence

Sur un marché de travaux, le prix écrit à la remise de l'offre n'est souvent pas celui qui sera payé tel quel. Deux mécanismes distincts le font bouger : l'actualisation et la révision. Les confondre est l'erreur la plus fréquente — et la plus silencieuse — dans un contrôle de décompte.

Cette page pose la distinction. Elle ne remplace pas votre CCAP, ni le droit applicable dans votre pays : elle clarifie quand on parle de quoi, et quelle forme de calcul on attend.

En une phrase

Mécanisme

Moment

Idée

Actualisation

Entre la date d'établissement du prix (devis, offre) et le début des travaux

Remettre le prix « à la date de démarrage »

Révision

Pendant l'exécution (situations, avenants)

Faire évoluer le prix selon une formule écrite au contrat

Si vous êtes encore avant le premier coup de pioche, vous actualisez (sauf disposition contraire). Si vous êtes en chantier et que le CCAP prévoit une formule, vous révisez.

L'actualisation — une proportion simple

Forme typique :

Prix actualisé = Prix initial × (index du mois d'actualisation / index du mois de référence)

Pas de part fixe dans la version la plus courante. On compare deux valeurs d'un même index (ou d'une série raccordée), sur deux mois.

Le piège : prendre le mauvais mois de référence, ou un index provisoire sans le dire. Le résultat reste une estimation tant que les pièces contractuelles et les publications officielles n'ont pas été confrontées.

La révision — la formule du contrat

La révision suit ce qui est écrit dans le marché (souvent un CCAP en marchés publics français) : une part fixe a, une ou plusieurs parts indexées, parfois plusieurs index pondérés.

Forme fréquente à un index :

P = P0 × (a + b × I / I₀)

avec en pratique a + b = 1 (ex. 15 % + 85 %). Ce n'est plus « tout le prix suit l'index » : une part reste figée.

Le détail métier (provisoire, raccordement d'index, séries arrêtées) mérite une lecture dédiée au moment du contrôle. Ici, on retient surtout : la formule du contrat prime, pas l'habitude.

Comment choisir en pratique

  1. Lisez la clause de prix du contrat : le mot « actualisation », « révision », ou les deux ?
  2. Situez-vous dans le temps : avant démarrage, ou en cours d'exécution ?
  3. Identifiez l'index (ou les index) nommés — ne pas inventer un code « plus pratique ».
  4. Contrôlez le statut (provisoire / définitif) et la fraîcheur de la série.

À retenir

  • Actualisation ≈ remettre un prix entre devis et démarrage (souvent I/I₀ seul).
  • Révision ≈ faire vivre le prix pendant le chantier selon la formule contractuelle (souvent part fixe + index).
  • La confusion des deux produit un contrôle faux et plausible — le pire cas pour un chiffreur.

Pour aller plus loin

FAQ

Actualisation et révision, c'est la même formule ?

Non. L'actualisation compare en général deux valeurs d'un même index (I / I₀). La révision suit la formule écrite au contrat, souvent avec une part fixe et une ou plusieurs parts indexées.

Comment savoir laquelle appliquer ?

Lisez d'abord la clause de prix du marché, puis situez-vous dans le temps : avant le démarrage des travaux, ou pendant l'exécution. Le contrat prime sur l'habitude.

Cette distinction vaut-elle hors de France ?

Oui pour l'idée des deux moments. Les noms juridiques, les index officiels et les formules types changent selon les pays — ne pas exporter un code INSEE hors de son cadre.

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